Les Mots à L'Âme.

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L'heure éternelle

Le roman d'une vie parmi quelques milliards ...

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lundi 11 août 2008

L'heure éternelle (10)

X

Ça y est. Il y habite enfin dans cette nouvelle ville. Dans cette ville qui est belle, avec de belles montagnes autour. Il faut retourner à l’école, mais il a compris que le spectre des bonnes-sœurs était maintenant écarté. Oui, l’école n’est pas synonyme des ces femmes là. Enfin pas toutes les écoles. On lui a expliqué qu’il y avait deux sortes d’école. Les écoles publiques sans bonnes-sœurs et les écoles privées religieuses. Il ne sait pas encore ce que ça veut dire religieux, mais il sait qu’il ira à l’école publique. Il aime apprendre et donc ça lui convient. Du moins pour le moment.

Il est content car ils habitent encore dans une tour. Pas au dernier étage, c’est dommage, mais assez haut quand même, au septième. Il partage toujours sa chambre avec sa jeune sœur. Ils ont des lits superposés, lui occupe celui du haut.

Tout les samedi en fin d’après-midi, après la fin de l’école, ils montent tous dans la dauphine et partent pour la maison de campagne dont ils reviennent le dimanche soir. Pitou est toujours là-bas, pourtant ils avaient dit qu’on le ramènerait avec nous, quand on aurait déménagé. Et maintenant c’est fait. On a déménagé. À la fin de l’automne, quand il fera froid, lui a-t-on dit. Il ne comprend pas bien pourquoi on repousse. C’est long quelques mois, très très long quand on a sept ans. Sa mère ne semble pas trop avoir envie d’avoir le chat chez elle. Mais il sait qu’il n’est pas possible de discuter. Alors il prend son mal de petit garçon en patience.

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samedi 3 mai 2008

L'heure éternelle (9)

IX

Elle fait partie de ces gens, dont l’écriture est un don de la nature.

Ses examens validés, enceinte de cinq mois elle entreprend en guise de mémoire de rédiger l’histoire du petit autiste qu’elle a observé durant son stage. Tout y est, les observations cliniques, la prise en charge, le contexte, l’environnement de soin. Mais tout est raconté, conté même. Elle y a travaillé avec son père, son frère, qui ont relu, fait des commentaires. Ce fut un travail intense.

Lui, n’a pas eu le droit de le lire. Il n’a pas compris. Il a respecté l’intimité de cette famille aux liens forts, qui l’a accueilli. Il ne l’a donc pas lu, pas à ce moment là, du moins. Ce n’est que plusieurs années plus tard qu’il pourra gouter le plaisir de lire ce texte. 

Mais la faculté n’aime guère que l’on sorte des chemins qu’elle trace. Et un mémoire n’est pas un livre. On lui refuse son mémoire, pour lui proposer de le refaire et de le soutenir en novembre. Ils ne semblent pas avoir remarqués la grossesse, à moins qu’ils ne l’aient que trop vu. L’accouchement est prévu fin novembre début décembre …

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lundi 21 avril 2008

L'heure éternelle (8)

VIII

Le jeune garçon vient d’avoir sept ans. Ils sont les cinq, son père, sa mère, sa sœur, le bébé et lui dans la dauphine. Ils roulent depuis longtemps déjà. Ça fait déjà au moins une heure, une heure interminable, quand on a cinq et sept ans, dans un espace confiné. La route fait beaucoup de virage. On monte. La voiture grimpe sur une route tout en lacets. On passe le temps en comptant les voitures croisées.

On traverse aussi des villages, un peu comme celui où ils ont leur maison. Et dans les villages, enfin sur les routes près des villages, il y a des vaches. Et quand on croise, ou quand on double, un troupeau de vaches, en voiture, c’est assez impressionnant. Les animaux sont énormes. Ils sont plus grands que la voiture. On a l’impression parfois qu’ils foncent sur nous. Et puis paf, au dernier moment, la vache change de direction. Des fois le paysan, ou la paysanne, essaient de faire se pousser les vaches. Quand il n’y en a que trois ou quatre, ça va, mais quand c’est un grand troupeau, de dix ou quinze bêtes, ou pire, un énorme troupeau d’une grande ferme, d’une trentaine de vaches, et bien les animaux font un peu ce qu’ils veulent, même si les enfants du paysan sont là pour l’aider. Alors papa râle. Il trépigne. Il dit qu’il veut équiper la voiture d’un canon à poivre pour tirer dans le cul des vaches. Et il n’a pas l’air de rigoler en disant ça.

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L'heure éternelle (7)

VII

Des chemins entrevus, des possibles, l’homme de cinquante ans s’interroge. Avec un léger fond d’angoisse. Il a entrepris d’explorer ces différentes voies. Dans une semaine, il va prendre l’avion pour la Nouvelle-Calédonie. Ce n’est pas un départ. Enfin, pas encore. Juste une exploration.

Il s’est débrouillé pour trouver une justification professionnelle à ce voyage. Et il a même réussi à obtenir un ordre de mission de son université. Un projet de réforme en cours dans les études de santé. Alors il va aller voir, à Nouméa, si là-bas, à l’université de Nouvelle-Calédonie ils seraient intéressés par une association avec sa Faculté dans le cadre de cette réforme. Il pourrait s’occuper de la mise en place de son volet pharmacie. Pour l’heure, à Nouméa, il n’y a comme possibilité d’études en santé que la préparation aux concours de médecine, dentaire et maïeutique. La suite des études, après les concours, se fait en métropole. La réforme a prévu d’intégrer aux trois précédents la préparation au concours de pharmacie. Il a prévu d’autres rencontres aussi, avec des responsables des administrations locales. Histoire d’explorer diverses pistes pour trouver un job sur place. Au cas où. S’il décidait que là-bas est un des possibles devant être approfondi plus avant.

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mardi 18 décembre 2007

L'heure éternelle (26)

XXVI

Le vieil homme marchait maintenant depuis plus de trois heures. A 90 ans, ses jambes ne le portaient plus aussi bien qu’autrefois. Mais malgré tout, il parvenait encore à grimper les sentiers pas trop raides. 2047, il était heureux d’être parvenu jusque là en aussi bonne forme. Son sac à dos, léger ne contenait qu’un sac de couchage, une thermos d’eau chaude, pour se faire du thé, quelques barres énergétiques et deux flasques de rhum.

Il montait à pas lent, en prenant appuis sur son vieux bâton de marche. Il l’avait coupé dans une forêt il y avait près de 55 ans. En fait, c’était un tout jeune arbre, qu’il avait à l’époque coupé avec l’aide de son opinel. Ce dernier était d’ailleurs également avec lui, dans son sac. Il avait 65 ans ce couteau. Il avait connu bien des paysages, bien des pays, bien des mers. Tranchant de tout, des bouts, du bois, de la viande, épluchant des légumes. Pour faire son bâton de marche, le vieil homme, alors jeune homme, avait élagué, ébourgeonné le jeune tronc. Puis, au fil des ans, il y avait gravé quelques motifs. Rien de symbolique, juste un peu d’esthétique. D’ailleurs, il riait souvent intérieurement, en songeant à quelque archéologue du futur cherchant à décrypter la mystérieuse symbolique de ce qui semblait avoir été un bâton de marche, à en croire l’usure d’une des extrémités et la trace encore visible de la prise vers l’autre extrémité, justement sous ses fameuses gravures.

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L'heure éternelle (25-bis)

XXV bis

En ce jour de mai 2013, une certaine douceur de fin de printemps réchauffait l’atmosphère. Sur la terrasse, devant la pelouse, sa petite fille, à 14 mois faisait ses premiers pas toute seule. Lui était assis dans un fauteuil de bois, sous la pergola. Il les observait, toutes les trois, sa femme, sa fille, et sa petite-fille marchant maladroitement, d’un pas lent et incertain en quittant les bras de sa mamie, prenant de la vitesse et se laissant presque tomber en atteignant ceux de sa jeune maman.

Il leur avait fallut du temps. La parenthèse, ouverte en 2005, ne c’était pas refermé. Elle avait muée, pour devenir une nouvelle rencontre de leurs êtres. Ç’avait été eux, mais c’était deux nouvelles personnes qui avait appris à faire connaissance l’une de l’autre.

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L'heure éternelle (25)

XXV

En ce jour de mai 2013, une certaine douceur de fin d’automne réchauffait l’atmosphère. L’Exordre, un petit, mais solide voilier de 12 mètres filait paisiblement ses six nœuds, sur une mer calme. Il faisait route pour Nouméa. Après le passage du cap Horn, quelques semaines plus tôt, il avait essuyé plusieurs dépressions, dont une un peu plus sévère que les autres. Rien d’exceptionnel, mais le bateau comme son skipper avaient été soumis à un effort intense.

Huit mois qu’ils étaient partis de Nouméa, lui et l’Exordre. Pour ce fameux tour du monde à l’envers, en solitaire, contre les vents et les courants. Ça n’avait rien d’un exploit. Certains en avaient fait un périple mythique, un thème de course. Grand bien leur face. On était plus à l’époque de Moitessier. Aujourd’hui on reçoit la météo tous les jours à bort, avec l’Internet par satellite. Galileo permet d’obtenir une position en longitude et en latitude au mètre près. La route se programme et se trace sur l’écran de l’ordinateur de bord. Rien de très sportif dans tout cela.

Mais huit mois, seul avec soi-même, avec l’océan majestueux, ça, c’était quelque chose. Nul courage pour cela. Juste une forme d’ascèse. Un renoncement au contact des humains, au profit d’une jouissance exclusive des éléments et de la technologie pour soi seul. Une rencontre d’un, des forces de la nature et de la puissance de la créativité humaine. Une alchimie unique de trois éléments en une improbable rencontre.  

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samedi 8 décembre 2007

L'heure éternelle (6)

VI

Ce jour là, il sortait d’examen. Devant la porte de la fac, un timide sourire aux lèvres, la tête légèrement baissée, le regard dans sa direction, elle était là. Elle l’attendait. Depuis plusieurs semaines, il était retourné habiter dans son studio de poupées. Il faut dire que lui et les examens ça faisait deux. Et qu’aussi, sa gestion du stress, n’était pas optimale. Alors, quand elle avait montré des signes d’agacement, ses automatismes avaient pris le dessus, et lui la fuite.

La fin de l’été, revenus du Var, avait été douce, entre ballades dans les champs et explorations l’un de l’autre. Il l’avait questionnée, lui demandant ce qui l’avait assombrie sur la route du retour. Elle finit par lui parler de son père à elle, de la maladie de ce dernier, de son angoisse au regard de cette maladie. Ce ne fut qu’au bout de quelques années, qu’il comprit la réalité, et encore de nombreuses années plus tard qu’il sut, d’elle, la réalité.

Ils parlèrent beaucoup, de leurs vies, de leurs parents, de leurs tourments, chacun s’appropriant l’autre, petit à petit. Ils apprirent à ranger les objets aux mêmes endroits, à partager les mêmes ustensiles. Les jours d’automnes, raccourcissant entre pluies et soleil s’écoulèrent agréablement. Il ressentait une sérénité rare. Une sérénité, qu’en fait, il ne se souvenait pas d’avoir connu.

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mardi 4 décembre 2007

L'heure éternelle (5)

V

Il s’est passé beaucoup de choses en 1962 et en 1963. Après le retour de son père, ils ont encore changé de logement. Maintenant, ils habitent tout en haut d’une grande tour. Enfin presque, il est un peu déçu, parce qu’il y a onze étages, et que eux, ils n’habitent qu’au neuvième. Mais c’est quand même bien. Parce que l’on voit loin.

L’école maternelle, il est en grande section maintenant, c’est un grand, est juste à coté de leur tour. Il a le droit d’y aller tout seul, avec sa petite sœur qu’il tient par la main. En ce temps là, la tour est à la limite de la grande ville où ils habitent. Il n’y a pas beaucoup de voitures. Il n’y a pratiquement pas de télé non plus, alors, les méchants, on n’en parle pas. La vie semble quiète pour tous.

La maîtresse, n’est pas une religieuse. C’est super, et puis elle est sympa. Elle ne force pas à apprendre, alors c’est génial, parce que du coup on peut apprendre plein de choses, comme les lettres qui forment les mots, où encore les chiffres pour pouvoir compter.

Un jour, ils montent dans leur voiture, une Dauphine que son père à racheté d’occasion à une connaissance de sa Mamée. Une voiture qui vient d’Algérie, une des rares en faite. Quand son père est revenu, il n’a pas pu emmener celle qu’ils avaient là-bas, c’était une Quatre Chevaux. Dans cette voiture, la Dauphine, ils sont en route vers une destination dont l’homme de cinquante ans ne se souvient plus, probablement la campagne. Il est assis, à l’arrière de la voiture, avec sa petite sœur. À cette époque ils ne sont encore que quatre, deux adultes et deux enfants. Un homme, une femme, et un garçon, une fille. Ils viennent de se disputer, une fois de plus, et se sont fait houspiller par leurs parents. Alors, à voix basse, il dit à sa sœur « ne t’en fait pas, quand on sera grand, et que eux seront redevenus petit, ils ne pourront plus nous gronder, se sera nous qui seront les parents. ». L’équation était simple. Il voyait le monde familial comme une sorte de bascule, à l’image de l’univers en expansion avant d’entamer sa future contraction. Les grands-parents, et bien il n’avait pas encore bien intégré ce concept. Mais l’arrivée prochaine d’un petit frère, allait le conduire à revoir sa cosmogonie familiale personnelle.

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dimanche 7 octobre 2007

L'heure éternelle (4)

IV

Il vient de rentrer d’un voyage au bout du monde. Une plongée au cœur d’un espace sauvage, rugueux. Il n’était pas seul, mais dans un ailleurs, loin du quotidien. Loin d’une certaine réalité. Le retour fut rude. Trente-six heures d’avion, d’attente, de voiture. Onze heures de décalage horaire.

Les premiers jours, il se repose, reprend le fil du temps ordinaire. Le ciel est gris. Son âme aussi est grise. Il vit avec une sorte d’étreinte, qu’il ressent physiquement. Peu à peu il se sent glisser. Il attrape bien quelques branches éparses. Mais elles sont fragiles, à son image. Il s’est mis à raconter son dernier périple. Merveille des temps modernes, il n’est plus besoins d’être édité pour être lu. Quelques cristaux de magnétite bien agencés sur le disque dur d’un ordinateur quelque part dans le cyberespace, et l’aventure de l’un est accessible à tous. Il récolte ses framboises, en fait de la gelée. Et la glissade se poursuit. Inexorable. Le clavier aussi fini par lui échapper. De l’extérieur, un grand silence. En son fort intérieur, l’aspiration dans un tourbillon. Une apparence de vide sans fond. Là-bas, dans le pays qu’il est allé voir, il a gravit des volcans. Dans le cratère de l’un d’eux, il a surplombé de quelques pas la bouche béante, soufrée, d’une fumerole. Le jaune solaire, crépusculaire, nimbé de brume, a une fraction de seconde exercé une attraction magnétique sur lui. Matrice refuge. Refuge de l’éternité. Mais la fraction de seconde ne fut qu’infime. Pour cette fois.

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dimanche 26 août 2007

L'heure éternelle (3)

III

En ce jour de fin d’été, ou d’automne, c’était en 1961, l’heure de la fin, pour les français d’Algérie approchait à grand pas. La messe n’était pas encore dite, mais son père, étudiant en mathématique à la faculté d’Alger, avait compris l’inéluctable. Trop de morts, trop d’horreurs, trop d’occasions manquées, il n’y aurait pas de marche arrière, malgré la victoire militaire.

L’excitation du petit garçon de quatre ans était à son comble. Devant lui, la grande machine grise. Cette fameuse caravelle. Orgueil de la France on lui avait dit. Symbole de la renaissance technologique. Il ne comprenait pas tout, mais il sentait bien que cet objet avait quelque chose de magique. Jusque là, chaque fois qu’il l’avait vu, c’était avec un soupçon d’angoisse, celle que l’objet volant lui enlève sa Mamée sans la lui rendre. Mais ce jour là était un jour différent. Ce jour là, c’est lui, le petit garçon, qui devait monter dans la grande machine. Ce jour là, c’est lui, qui allait s’envoler pour ce lieu mythique, qui allait se rendre en France.

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dimanche 22 juillet 2007

L'heure éternelle (2)

II

Juillet 1983, cette année là, l'été était chaud. Lui, étudiant en pharmacie, avait comme job d'été un boulot de laborantin au CHU de sa ville.

Elle, étudiante en psychologie profitait de ses vacances.

Rien dans leur histoire à chacun ne semblait susceptible de faire se croiser leur route. Mais les apparences sont parfois trompeuses.

Après les tribulations de sa petite enfance, il avait vécu l'essentiel de sa jeunesse dans une petite ville de moyenne montagne. Tous les jeunes gens de son âge se connaissaient plus ou moins. Transposés à la capitale régionale, la ville universitaire du coin, ils y formaient naturellement une communauté assez solidaire. Et de fait, ces liens se trouvaient assez solide pour transcender les clivages disciplinaires habituels aux facultés.

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samedi 7 juillet 2007

L'heure éternelle (1)

I

Prenant la fuite, il se mit à courir de façon éperdue. Là, sur l’instant, il ne s’était rendu compte de rien. Pourtant il était sensé savoir que le terrain était dangereux. De nombreuse fois déjà il s’en était approché. Se brulant les doigts. Mais inlassablement il y revenait. Cette fois encore, la morsure fut vive. Les flammes emprisonnèrent son cœur. Une étreinte douloureuse lui vrilla l’estomac. Devant la douleur, il ne put que reculer, s’enfuir, chercher à nouveau refuge au plus profond de son être.

Un sombre brouillard l’enveloppait maintenant. C’est en aveugle qu’il avançait, sans voir le sol. Un sol mou, vibrant légèrement, présentant ici et là des aspérités le faisant par moment trébucher. Mais peu à peu le brouillard sombre se muait en brume lumineuse, aveuglante, douloureuse pour les yeux …

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